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Quel bonheur! Moi qui commençais à m’ennuyer, voilà que le petit Jésus m’envoie de quoi rafraîchir ma grisaille et me donner une nouvelle raison d’aimer la vie. Encore une fois, la ville – ma ville – se retrouve en pleine campagne, comme dirait Sol. Une campagne électorale, bien sûr. Mais pas n’importe quelle campagne électorale. La mère de toutes les campagnes électorales, comme aurait peut-être dit M. Saddam Hussein. Oui, quoique j’entende des mécontents, des esprits chagrins et même des fesse-mathieux, me demander de quelle campagne il peut bien s’agir. Mais, réponds-je, les élections scolaires, bien évidemment!… Car, bonnes gens – le saviez-vous? –, rien n’arrive, en termes de démocratie, à la cheville des élections scolaires. Je sens que certains s’apprêtent à me prendre à partie. «Comment ça, les élections scolaires? Pourquoi pas les autres?» La question est sensée et, qu’elle le soit ou pas, mérite une réponse claire. D’abord, parce que les élections scolaires sont le reflet de la démocratie la plus pure qui soit. C’est-à-dire une démocratie près du peuple. Les candidats vivent parmi vous; ils sont vos voisins, vos amis peut-être. Bref, ceux dont on aperçoit le visage sur les pancartes, vous les croiserez au supermarché ou chez le coiffeur. Ce sont des gens comme vous, des gens ordinaires qui connaissent les mêmes soucis et les mêmes réalités. Ce sont vos semblables – et non des armateurs à l’éthique douteuse comme ça se voit parfois – qui briguent vos suffrages. Ces gens ont une responsabilité sociétale et non médiatique. Vous ne les verrez pas qu’à la télévision lorsqu’ils auront commis quelque connerie. Vous ne les surnommerez pas «Bissextile», à force de ne les voir qu’à tous les quatre ans. Non. Ils vivent dans votre milieu et habitent votre quotidien. Ensuite, c’est de l’authentique démocratie, car leur mandat est universel et pragmatique. Leurs actions influent sur la vie de tous les jours de ce que nous avons de plus précieux: les enfants. En effet, personne n’ignore les défis écrasants que rencontre le monde scolaire présentement, dans ce contexte de mondialisation où, pour apporter un peu de fric au moulin, on parle de plus en plus de foutre de la pub à l’intérieur des écoles. Les gens qui cherchent à obtenir un mandat doivent être confrontés, avec un minimum de moyens, à des problématiques réelles et vitales pour notre avenir collectif. Finalement, les élections scolaires représentent le nec plus ultra de la politique dans notre plus beau pays qui ne s’appelle plus le Québec pour une raison encore plus pragmatique. Parce qu’au fond – soyez francs – qui va voter lors des élections scolaires? Ceux et celles qui connaissent déjà les candidats; les personnes qui ne savent pas quoi faire le dimanche après la messe; quelques asociaux comme moi qui pratiquent leurs droits, surtout s’ils sont dénués de toute signification. Mais, quand on regarde l’ensemble de la population, dans la réalité des faits, tout le monde – c’est-à-dire 70% de la population – s’en fout totalement. Bref, un documentaire sur la cosubstentiation du Christ risque de vous intéresser davantage que le résultat des élections scolaires. Et ça, c’est la manne. C’est pourquoi il s’agit de la mère de toutes les campagnes électorales. En effet, quoi de mieux pour nos dirigeants que de pouvoir compter sur cette désaffection populaire? Bien entendu, lors des élections nationales – qu’elles soient à Ottawa ou à Québec – ils s’ingénient à faire sortir un vote manipulé, acheté et contrôlé afin de s’emparer du pouvoir. Mais entre les grandes envolées dites démocratiques, ils espèrent compter sur un peuple amorphe et indifférent devant la question politique. Ainsi, les élections scolaires leur servent de baromètre pour mesurer notre laisser-aller devant leurs manigances pas toujours louables. Occasionnellement, lorsqu’ils montent sur une tribune tout drapés de dignité, ils peuvent même se permettre de reprocher à Fidel son parti unique. Sauf qu’à Cuba, aux élections scolaires, tout le monde va voter… La vois-tu? *** Chronique
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